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Les domaines de la police scientifique

Au moindre cadavre découvert, des experts débarquent avec leurs mallettes, leurs combinaisons blanches … Commence alors un travail des plus méticuleux : interdire l'entrée pour préservez les indices, photographier les lieux, voire les modéliser. Le technicien de scène de crime relève traces et empreintes et ramasse les indices. Ce travail peut facilement durer une journée et demi. Les enquêteurs livrent ensuite les indices aux experts des Laboratoires de police scientifique du pays (Lille, Paris, Toulouse, Marseille, Lyon) ou de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN).

  • Dactylotechnie

 ou l'art des traces invisibles

Il s'agit de l'étude des empreintes digitales, ces traces invisibles laissées par le bout des doigts. Elles sont principalement composées d'eau et d'acides aminés (de la sueur finalement) et pour la mettre en évidence, le technicien choisit sa méthode en fonction du support. Sur les surfaces lisses et sèches (verre, bois, métal), sont utilisées des poudres s'accrochant aux micro gouttelettes d'eau laissées par les doigts. Poudre noire pour un support blanc, et poudre fluo pour un fond multicolore (dans ce cas, les détails du dessin n'apparaitront qu'après avoir éclairé la poudre à la lumière noire et ils seront fluorescents). D'autre part, pour les supports poreux, il se réfère à un laboratoire du IRCGN utilisant 26 produits chimiques pour révéler les traces. Le principe reste cependant le même : une fois appliqué, le réactif réagit avec les acides aminés de l'empreinte. Lorsque aucune de ces méthodes n'a donné de résultat, le laboratoire utilise la métallisation sous vie : l'expert place l'objet sur lequel il recherche les traces dans un caisson, avec des lamelles de zinc et d'or pur; puis il fait le vide. Les métaux passent alors à l'état de vapeur, l'or se dépose sur tout le support et le zinc entre les lignes des empreintes, révélant des traces de doigts.

C'est alors que le travail du traceur commence : son rôle est de comparer les empreintes digitales que les enquêteurs lui envoient – 700 à 1000 par mois pour Paris et sa banlieue – avec celles classés dans le Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED)...

 

 

Évolution du fichier FNAEG en fonction des individus répertoriés, Le Monde.fr

Expériences pour révéler des empreintes digitales

→ Comment compare-t-on deux empreintes digitales ? 

Les empreintes digitales sont formées de lignes en relief, les « crêtes papillaires* » espacées les unes des autres d'un demi-millimètre. Ces stries* forment des dessins : elles bifurquent, s'arrêtent, dessinent des îlots... Les experts de l'identification judiciaire appellent ces figures des « minuties* » ou « points de comparaison ». Une empreinte peut en contenir plus d'une centaine, mais deux individus ne peuvent avoir toutes leurs minuties à la même place, même les vrais jumeaux ont des empreintes différentes.

  • Génétique

 Mis au point par le Pr Jeffreys (GB) en 1985, l'empreinte génétique s'impose aujourd'hui comme la preuve la plus tangible lors d'une affaire de meurtre...

L'ADN, porteur des gènes particuliers à chaque individu, est identifié à partir d'échantillons de cheveux, fragments de peau sous les ongles de la victime, sang, sperme, salive, recueillis sur la scène du crime. Cette molécule tient dans chaque cellule de l'organisme et ressemble à un carnet de recettes : celle de la couleur des yeux, de la forme des oreilles... 30 000 formules en tout, séparées les unes des autres par des morceaux d'ADN. Ce sont ces morceaux qui intéressent la police. Pour un même individu, leur longueur est identique quelle que soit la cellule (globule blanc ou spermatozoïde). Cet ADN est ensuite comparé à celui des suspects au laboratoire. L'analyse de l'ensemble de l'ADN d'un individu étant impossible, elle se concentre sur 7 régions seulement, connues pour leur grande variabilité d'un type à l'autre. La longueur de chacune des régions est déterminée, ce qui constitue « l'empreinte génétique ».

Comment détermine-t-on et compare-t-on de l'ADN ?

  • Odorologie

 Trahi par son odeur …

Tout individu laisse une empreinte odorante derrière lui. Ces traces identifiables sur n'importe quel support : tissu, plastique, métal... et peuvent être recueillies sur des bandes de coton spécialement apprêtées. Elles pourront ensuite être confrontées à l'odeur d'un suspect à l'aide de la brigade canine de la police scientifique. Placées sous scellés dans des bocaux stériles, les bandes sont conservées dans une odorothèque. La technique, testée en France depuis 2001, validée par Interpol en 2002 et opérationnelle depuis 2003, reste réservée aux seules affaires criminelles.

 

 

  • Entomologie 

A quand remonte la mort ? Quand le médecin légiste ne peut répondre, on pose la question aux mouches...

Lors d'un crime, le médecin légiste peut déterminer l'heure du décès si celui-ci remonte à moins de 20 heures : il examine dans un premier temps la rigidité du corps. Au bout de 3 à 4 heures, la nuque, puis les bras et les jambes se rigidifient. Si la rigidité est complète, plus de 12 heures se sont écoulées depuis la mort. Ensuite, pour affiner son diagnostic, le médecin prélève « l'humeur vitrée »(liquide contenu dans les yeux de la victime) car, après la mort, les cellules entourant le globe oculaire éclatent les unes après les autres et libèrent dans l'humeur vitrée les ions potassium qu'elles renferment. La concentration de ces ions dans le liquide est donc proportionnelle au temps écoulé depuis le décès. On peut en dire autant pour la température du cadavre qui tombe d'un degré par heure. Pour finir, au bout de 36 heures, des tâches vertes apparaissent sur l'abdomen, témoins de la décomposition des intestins.

Puis, la présence de mouches bleues, larves de coléoptère, de fourmis ou d'insectes permet de dater la mort avec plus ou moins de précision. Au fur et à mesure que le corps se décompose, il est en effet colonisé par différentes escouades d'insectes qui renseignent sur le délai écoulé depuis le décès.

 

  • Balistique
  •  

Elle se concentre sur les trajectoires des projectiles. Position des douilles au sol, traces de poudre et de balles écrasées sur les murs permettent de connaître la position du tireur.

Des baguettes visibles sont utilisées pour retracer au mieux les trajectoires, du canon à l'impact final sur la victime. Au mieux, l'arme du crime est restée sur les lieux. Toute arme à feux possède des caractéristiques liées à sa fabrication mais aussi des caractéristiques liées à l’usure et à l’altération des pièces métalliques en contact avec les éléments de la cartouche.

Au moment du tir, ces différentes caractéristiques s’inscrivent sur la douille et la balle sous forme d’une « signature mécanique » de l’arme utilisée. Ces signatures vont être analysées à l’aide d’un macroscope comparateur qui permet une recherche simultanée sur deux éléments de munition de même type. L’étude des trajectoires des projectiles et du degré de pénétration dans la cible permet d’estimer la position du tireur et la distance de tir.

3 / Physico – Chimie

Traces de pas, de pneus, de gants, d'oreille posée sur une porte ou encore signes d'effraction, autant d'indices laissés, volontairement ou non, par le criminel.

Les techniciens utilisent des méthodes physiques et/ou chimiques pour les révéler et les faire parler. Des plus classiques, la pulvérisation d'un révélateur de traces de sang, le moulage de plâtre pour les pas et les pneus le microscope électronique à balayage couplé à un micro-analyseur à rayons X, aux plus subtiles avec la microspectrophotométrie, l'étude électronique des longueurs d'ondes, pour l'analyse des fibres textiles.

 

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